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Des bougies et des fleurs ont été placées à l'extérieur du café Le Carillon en hommage aux victimes dans les attentats de Paris du 13 novembre. Au moins 129 personnes ont été tuées dans divers endroits et plus de 350 ont été blessées. Photo par John Seigenthaler, Aljazeera Amérique

Photo par John Seigenthaler, Aljazeera Amérique

Des bougies et des fleurs ont été placées à l'extérieur du café Le Carillon en hommage aux victimes dans les attentats de Paris du 13 novembre. Au moins 129 personnes ont été tuées dans divers endroits et plus de 350 ont été blessées.

Sous le choc, l’Eglise solidaire des attaques de Paris

 

Les leaders Méthodistes Unis et les leaders des autres confessions religieuses ont fait part de leur profonde émotion après les attaques terroristes du 13 novembre à Paris. Tout en exprimant leur solidarité au peuple français, ils mettent en garde contre la condamnation des musulmans ou la dangereuse escalade de l'action militaire.

Le Conseil œcuménique des Eglises et d'autres organisations ont souligné que des attaques tout aussi inquiétantes se produisent ailleurs, y compris les attentats à la bombe du 12 novembre à Beyrouth, au Liban, dans un centre commercial qui a coûté la vie à 41 personnes.

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Dans la foulée des attentats de Paris, l’Evêque Patrick Streiff a exhorté les Méthodistes Unis à suivre le modèle du Christ en tant qu’artisans de paix. Photo par le Révérend Sigmar Friedrich, Conférence annuelle Suisse-France-Afrique du Nord.

L’Evêque Patrick Streiff, leader épiscopal de l'Europe centrale et méridionale qui supervise le petit nombre de congrégations Méthodistes Unies en France, a souligné l’horreur causée par « la profondeur de la violence qui méprise les vies humaines ». Il reste convaincu de la nécessité pour les chrétiens de suivre le modèle du Christ en tant qu’artisans de paix.

« Nous croyons en Christ. Notre vie doit témoigner que Christ est le Prince de la Paix. Il a béni ceux qui procurent la paix. Cette approche doit modéliser notre réponse aux terribles attentats de Paris, » a-t-il souligné dans un communiqué.

« En tant que chrétiens, nous servons le Prince de la Paix, » a noté la Révérende Susan Henry-Crowe, Présidente du Conseil Eglise et Société de l’Eglise Méthodiste Unie dans son message de sympathie au peuple français. « Puisse Son message d'amour et d'espérance transcender la terreur que notre monde a ressenti aujourd'hui. »

AUTRES REACTIONS DES LEADERS METHODISTES UNIS

Evêque Warner H. Brown Jr., président, Conseil des Evêques de l’Eglise Méthodiste Unie :

« Prions pour Paris et le peuple de France. Ces événements ont eu, pour eux, le même impact que le 11 Septembre 2001 que pour les États-Unis.

prions aussi pour les communautés dans le monde, qui ne font pas toujours la une des journaux, mais ploient sous la menace de la violence. »

Révérend John McCullough, Church World Service :

« Les 37 membres de Church World Service se tiennent aux côtés de nos partenaires interconfessionnels pour condamner la poursuite des violences perpétrées par ISIS. La haine et la violence n’ont pas de religion, de nationalité ni d'appartenance à une communauté. »

Conseil Méthodiste Mondial

« L'Evêque Ivan Abrahams, Secrétaire général du Conseil Méthodiste Mondial, étend les condoléances du WMC aux parents des personnes tuées et à la nation française .... Puisse Dieu nous aider à œuvrer ensemble et à tendre vers le jour où la violence n’existera plus »

Jim Winkler, Conseil national des Eglises :

« Le Conseil national des Eglises condamne les attaques du 13 novembre à Paris, Beyrouth et Bagdad. Nous sommes solidaires avec les populations éprises de paix partout dans le monde et nous vous exhortons à ne pas voir en ces actes de violence horribles une guerre entre le Christianisme et l'Islam."

Moment de silence en Europe

À Paris, Londres, Berlin et ailleurs en Europe, les gens ont organisé des rassemblements publiques le 16 novembre à midi, heure de Paris, afin d’observer un moment de silence en l'honneur des victimes.

Les attaques, à six endroits différents, ont commencé à 21h20 le vendredi du match de football entre la France et l’Allemagne et ont pris fin à 00h20 le samedi, lorsque la police a fait irruption dans la salle de concert où 89 personnes ont été tuées. Finalement, le nombre de morts se situait à 129, avec 352 blessés dont 99 dans un état critique.

L'État islamique, connu aussi sous le nom d’ISIS ou ISIL, a revendiqué la responsabilité des attaques qui avaient pour but de semer la terreur dans le quotidien des populations. Outre la salle de concert et le stade, des hommes qui portaient des armes automatiques ont ciblé les restaurants dans l'une des régions les plus densément peuplées de Paris, remplie de jeunes. « C’est l'âme de Paris qui est atteint, » a raconté au New York Times une femme de 38 ans qui dînait dans cette zone.

François Clavairoly, président de la Fédération Protestante de France, a évoqué la nécessité de témoigner « d’une espérance qui ne peut jamais être vaincue » dans sa déclaration sur les attentats. « Ce sont les valeurs de la République et de la démocratie qui ont été ciblées, tout

comme la fraternité humaine qui est mise à l'épreuve par de tels actes injustifiables guidés par le mal, » a-t-il exprimé.

Impact sur les réfugiés

Le comité exécutif de la Conférence Centrale de l’Allemagne de l’Eglise Méthodiste Unie, qui se réunissait au moment des attaques, a envoyé une lettre de solidarité et de soutien dans la prière à la Fédération Protestante et aux congrégations Méthodistes Unies en France.

« Nous avons aussi évoqué notre réponse aux changements en Europe que cette situation allait avoir sur les réfugiés qui arrivent ici, » a répondu Rosemarie Wenner, Evêque allemande au Service de Presse Méthodiste Unies (UMNS).

« Bien que nous ayons été bénis par les nombreux rapports positifs au sujet de l’accueil que nos Congrégations Méthodistes Unies réservent aux étrangers, nous sommes, tout de même, inquiets de la montée de l'hostilité et de l'islamophobie qui pourrait prendre de l’ampleur après les attentats terroristes. »

Un débat similaire à « accompagner les endroits affligés dans le monde » avait lieu entre les membres du comité exécutif du Conseil œcuménique des Eglises lors de leur première journée de rencontre le 13 novembre à Bogis-Bossey, en Suisse, a rapporté Mary Ann Swenson, Evêque Méthodiste Uni, co-vice modératrice pour le Comité central du COE.

« Nous ne savions pas que nous allions nous réveiller ce matin ... pour découvrir Paris devenir l'un de ces endroits, » a-t-elle écrit à l’UMNS.

Dans sa déclaration, le Comité exécutif du COE s’est aussi préoccupé de l'impact de cette attaque sur la crise des réfugiés en Europe. « Ne laissons pas ces événements amoindrir l'hospitalité et le soin que nous apportons à ceux qui fuient la violence et l'oppression, » a averti le comité.

Vivre la même horreur

Les Méthodistes Unis ont appris à connaître personnellement certains de ces réfugiés grâce au secours humanitaire, a révélé Thomas Kemper, Responsable principal du Conseil Général des Ministères Globaux de l’Eglise Méthodiste Unie. Il a souligné que les attentats de Beyrouth évoquaient la même horreur et la même angoisse que ceux de Paris.

« Les événements de Paris peuvent encourager les pays à renforcer les restrictions aux frontières au nom de la sécurité et à interdire l'entrée des réfugiés syriens et irakiens qui subissent le terrorisme depuis des années, » a déclaré Kemper dans un communiqué le 16 novembre. « Nous prions pour que les gouvernements et les gens résistent à un sentiment anti-réfugiés et continuent d’offrir un refuge à ceux qui sont dans le besoin. »

Les gouvernements doivent aussi résister à la mise en œuvre de réponses antiterroristes qui pourraient conduire à ce qu'ils essaient d'éviter – les armes de destruction massive et un monde en guerre – a déclaré le Révérend Stephen J. Sidorak Jr., responsable œcuménique de l'Église Méthodiste Unie.

« Toute considération de la méchanceté de la violence terroriste exige une analyse du mal implicite dans la réponse de contre-terrorisme, » a-t-il écrit dans un communiqué.

« Chaque communauté religieuse doit être prête à critiquer et admonester ses propres membres, » a ajouté Sidorak. « Notamment, aujourd'hui, les chrétiens et les musulmans doivent rassembler des arguments contre les intégristes radicaux et les extrémistes violents dans leur milieu, et fermement réprimandé leurs propres apostats religieux qui incitent au mal. Nous ne pouvons pas permettre à des éléments extrémistes marginaux au sein de nos traditions de définir ce que nos religions représentent et ce qu’elles désapprouvent. »

Bloom est journaliste multimédia de l’UMNS. Elle réside à New York. Suivez-la sur https://twitter.com/umcscribe.